Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément, rédigé en avril 1996, analyse la crise qui a conduit le patriarcat de Moscou à rompre la communion avec le patriarcat œcuménique de Constantinople, à la suite du différend sur le statut canonique des orthodoxes d'Estonie. Relevant à la fois de l'étude historique et de l'essai théologique, le texte retrace les alternances pluriséculaires des rapports entre les deux sièges, depuis la proclamation de l'autocéphalie russe en 1448 jusqu'aux tensions de l'après-guerre froide. L'idée centrale est que la crise révèle une dissociation entre deux principes ecclésiologiques complémentaires : la conciliarité et la primauté. Clément soutient que Constantinople incarne une primauté de service, non de pouvoir, tandis que Moscou ne saurait substituer son poids démographique à une véritable universalité. L'article appelle les Églises autocéphales et la diaspora à jouer un rôle de médiation, et pose la question de l'articulation entre unité et diversité comme défi commun à l'ensemble du christianisme.
Le 23 février dernier, à Moscou, durant une liturgie présidée par le patriarche Alexis II, le nom du patriarche de Constantinople, primat d'honneur de l'Eglise orthodoxe, n'a pas été mentionné. Le synode de l'Eglise russe a décidé de rompre la communion avec Constantinople : partout dans le monde, le clergé des paroisses orthodoxes russes refusera la communion aux fidèles dépendant du patriarcat œcuménique. Pour l'historien Dimitri Pospíelovsky, professeur à l'Université d'Ontario, cité dans le Moscow Times du 27 février, « si le patriarcat de Moscou reste sur sa position, cela constituera la division la plus grave de l'Eglise orthodoxe depuis le schisme survenu entre Rome et Constantinople au 11ᵉ siècle ».
La suite de cet article est réservée aux abonnés de la revue Contacts.