De la pensée de la mort à la Descente aux Enfers

Pour une étude d'ensemble sur Pascal et le christianisme orthodoxe
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article propose les bases d'une étude comparative entre la pensée de Blaise Pascal et le christianisme orthodoxe, à partir des *Pensées*. Adoptant une approche analytique et théologique, Jacques-Jude Lépine soutient que la proximité entre Pascal et l'Orthodoxie ne réside pas dans ses positions théologiques strictes, mais dans son anthropologie générale. L'idée centrale est que cette anthropologie est en réalité une pneumatologie : toutes les analyses pascaliennes de la condition humaine — le divertissement, la vanité, la mort — convergent vers un théocentrisme radical dont la résurrection du Christ constitue le fondement paradoxal. L'article établit une résonance significative entre la « pensée de la mort » chez Pascal et la notion orthodoxe de « descente aux Enfers », telle qu'elle s'exprime dans la liturgie byzantine et la spiritualité hésychaste. L'apport principal est de montrer que l'expérience spirituelle sous-jacente aux *Pensées* présente une structure analogue à celle de la *théôsis* orthodoxe.

S'il se vante je l'abaisse ; s'il s'abaisse je le vante ; et le contredis toujours, jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il est un monstre incompréhensible.

Pascal, fr. 420-130.

Ceux-là sourient lorsque les autres sont sérieux, et restent sérieux lorsque les autres rient. Soljénitsyne, Le Pavillon des cancéreux.

Les plus grands représentants de la pensée chrétienne Orthodoxe de ce siècle ont reconnu en Pascal l'une des figures intellectuelles et mystiques de l'occident les plus proches de l'Orthodoxie. C'est notamment le cas de Nicolas Berdiaev, Paul Evdokimov, Vladimir Lossky et Olivier Clément. Ceux-ci ont toutefois laissé entièrement ouverte la question de la nature de cette proximité entre deux univers culturels et conceptuels qui, en dehors de leur foi originellement commune, n'ont guère de points communs, et qui, du onzième siècle jusqu'au début du vingtième, ne sont entrés en contact que pour constater leurs divergences.

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