Le Père de qui toute paternité tire son nom

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément explore le mystère de la paternité divine et ses prolongements dans l'existence humaine. Relevant à la fois de la méditation théologique et de l'essai spirituel, il s'articule en trois mouvements : la révélation du Père par le Christ, la tradition de la paternité spirituelle dans l'Église, et la nécessité de réinventer la paternité dans la modernité. L'idée centrale est que la paternité humaine tire son sens et sa forme de la paternité divine trinitaire, où le Père engendre sans posséder et communique l'Esprit sans contraindre. Sur le plan théologique, l'article mobilise les Pères de l'Église — Origène, Grégoire de Nazianze, Clément d'Alexandrie — pour montrer que la crise contemporaine de la paternité trouve ses racines dans des déformations historiques de l'image du Père, et que la révélation évangélique offre les ressources pour la surmonter.

Jésus est venu nous révéler Dieu comme Père, un mot dans lequel il y a non seulement origine mais tendresse. Non pas un « géniteur divin, comme les (Baals) cananéens dont le rut fécondait la nature, dieux de la biologie qu'on adorait dans la prostitution sacrée, dans le paroxysme de l'instant érotique où la personne s'abolit, où le partenaire n'a plus de visage (et c'est pourquoi, dans l'Ancien Testament, le nom de Père est un nom parmi d'autres, comme timidement avancé). Non pas « géniteur » charnel donc mais abba, le père qui protège, porte, guide, fait grandir spirituellement son enfant par un amour fidèle, désintéressé, le père auquel on s'adresse dans la simplicité de la confiance et de l'abandon. …

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