Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Michel Evdokimov, issu d'une conférence prononcée en 2001, propose une lecture esthétique de la Bible à partir de la triade platonicienne du vrai, du bien et du beau. L'auteur soutient que la Bible, trop souvent réduite à un guide moral ou à un document historique, constitue avant tout un monument littéraire traversé par la beauté divine. Prenant appui sur la théologie de l'Esprit Saint comme principe de beauté, il articule cette thèse autour de trois domaines : la nature, l'histoire et l'homme. L'apport théologique de l'étude réside dans la mise en relation de l'esthétique biblique avec la doctrine de la transfiguration et la tradition orthodoxe de la liturgie, héritière de Dostoïevski et de Florensky. L'article propose ainsi une réponse au nihilisme contemporain et au moralisme étroit, en restituant à la Parole sa dimension de révélation de la beauté de Dieu.
Père Michel EvdokimovLes royaumes païens de l'Antiquité, égyptien, grec, romain, ont construit des temples, des pyramides, des monuments de pierre impressionnants qui ont disparu, ou n'ont laissé guère que des ruines. Les Israélites, eux, ont produit un unique livre, dont la composition s'échelonne sur deux millénaires, et il est toujours là, bien vivant. Quoique fragile, le papyrus s'est révélé infiniment plus résistant que la pierre. Ou que le refus des hommes d'accueillir la Parole. Ainsi, le livre sur lequel Jérémie a consigné les paroles inspirées par Dieu est lu devant le roi Jojakim (Jr 36,2), un homme qui se conduit mal devant le Seigneur et qui, pris de rage, lacère le livre, ou plutôt le rouleau, avec un couteau et le brûle. …