Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Jannic Durand constitue une étude historique et archéologique consacrée aux reliques et reliquaires constantinopolitains du chef de saint Jean-Baptiste transférés en Occident à la suite du sac de Constantinople lors de la quatrième croisade (1204). S'appuyant sur une analyse comparée des sources documentaires — notamment le récit de Wallon de Sarton, le traité de Du Cange, les notes manuscrites de Peiresc et les inventaires de trésors — ainsi que sur l'examen des objets conservés, l'auteur reconstitue l'histoire du démembrement progressif de la relique à Constantinople entre le IXe et le XIIe siècle. L'étude examine successivement les reliques d'Amiens, de Venise, de la Sainte-Chapelle de Paris et de Saint-Chamond, en analysant leurs montures byzantines disparues ou subsistantes. Elle établit que la fragmentation du chef du Baptiste à Constantinople ne saurait être antérieure à la seconde moitié du XIe siècle et met en évidence le rôle déterminant du milieu impérial dans cette dispersion.
Fig. 1-Amiens, cathédrale. Reliquaire actuel de la face
Le 17 décembre 1206, Wallon de Sarton, chanoine de Picquigny, de retour de Constantinople, apportait triomphalement à Amiens l'insigne relique du chef de saint Jean-Baptiste qui fut aussitôt déposée à la cathédrale. Elle faisait partie du pieux butin arraché aux églises et aux sanctuaires de la capitale byzantine à l'issue de la quatrième croisade et
du pillage de la ville. Mais d'autres reliques et reliquaires du chef de saint Jean-Baptiste ont été également rapportés au XIIIe siècle en Occident. Qu'ils aient survécu ou nous soient seulement connus par d'anciens documents, leur examen permet-il, éventuellement, de préciser le sort de la relique apportée à Constantinople sous Michel III durant les deux ou trois siècles qui ont précédé la prise de Constantinople par les croisés en 1204 ?