Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Marianne Carbonnier-Burkard examine la contestation des reliques par la Réforme protestante aux XVIe siècle, en croisant analyse historique et étude des argumentaires théologiques. L'auteure retrace d'abord l'arrière-fond médiéval — omniprésence des reliques, critiques antérieures d'Érasme, des lollards et des hussites — avant de décrire les trois vagues iconoclastes successives dans l'Empire germanique, en Angleterre et en France. Elle analyse ensuite les discours justificatifs de Luther, Karlstadt, Viret et Calvin, qui associent condamnation scripturaire de l'idolâtrie, critique sociale anticléricale et valorisation de la Parole vivante contre les corps morts. L'apport principal de l'article réside dans l'interprétation de l'iconoclasme anti-reliques comme symptôme de trois mutations culturelles profondes : soulèvement laïc contre le clergé, triomphe de la piété intérieure humaniste sur la dévotion matérialisée, et « révolution de la mort » instaurant une nouvelle séparation entre le monde des vivants et celui des défunts.
...Il nous faut maintenant traiter de saint Jean-Baptiste lequel, selon l'histoire évangélique, c'est-à-dire la vérité de Dieu, après avoir été décollé, fut enterré par ses disciples. Théodoret, chroniqueur ancien de l'Église, raconte que son sépulcre étant en Sébaste, ville de Syrie, fut ouvert par les païens, quelques temps après ; et que ses os furent brûlés par iceux, et la cendre éparse dans l'air. Combien qu'Eusèbe ajoute que quelques hommes de Jérusalem survinrent là, et en prirent en cachette quelque peu, qui fut porté en Antioche et là enterré par Athanase en une muraille. Touchant de la tête, Sozomène, un autre chroniqueur, dit qu'elle fut emportée par l'empereur Théodose, auprès de la ville de Constantinople. Par quoi, selon les histoires anciennes, tout le corps fut brûlé, excepté la tête, et tous les os et les cendres perdus, excepté quelque petite portion, que prirent les ermites de Jérusalem à la dérobée.