Théocratie ou Césaropapisme ? (suite et fin)

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article constitue la seconde et dernière partie d'une étude historique et canonique consacrée aux relations entre l'Église et l'État dans la tradition byzantine et orthodoxe. Sergey Troitsky examine successivement la théorie de la « symphonie » telle qu'elle est formulée dans la législation justinienne, la notion contradictoire d'« État chrétien », puis la théorie de l'onction impériale élaborée par Théodore Balsamon au XIIe siècle. L'auteur montre que cette dernière théorie, d'origine circonstancielle et doctrinalement infondée, a légitimé un césaropapisme dont les effets néfastes se sont propagés à Byzance, en Serbie et en Russie jusqu'à la période impériale. L'apport principal de l'article réside dans une analyse critique rigoureuse des fondements canoniques et historiques du césaropapisme, distinguant nettement la norme ecclésiologique orthodoxe de ses déformations politiques successives.

(SUITE)

Les empereurs byzantins, fidèles à la doctrine chrétienne et libres d'un passé païen, reconnaissaient eux-mêmes le droit de l'Eglise à être complètement indépendante. C'est la théorie de la « symphonie » qui était à la base de la législation de l'Empire de Byzance sur l'Eglise. Proclamée dans la 6ᵉ « novelle » de Justinien, confirmée à plusieurs reprises dans les actes officiels d'autres empereurs, notamment de Léon le Sage (Zepos, 1, 67 et 174), de Nicéphore Botoniate (ibid. 289), d'Alexis Comnène (357-358), de Manuel Comnène (424), d'Isaac l'Ange (435), etc., elle est reproduite dans presque tous les recueils de lois byzantins tant civils qu'ecclésiastiques.

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