André Scrima (1925-2000)

ou la stabilitas in peregrinatione
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article présente la figure d'André Scrima (1925-2000), moine orthodoxe roumain, théologien et intellectuel dont le parcours exceptionnel s'étend de Bucarest à l'Inde, du Liban à Rome et à Paris. Rédigé sous forme de notice biographique et intellectuelle, il retrace les étapes d'une vie consacrée à la tradition contemplative orientale et au dialogue interreligieux et œcuménique. L'auteure montre comment Scrima, formé au monastère Antim sous l'influence de Stăniloae, a su articuler rigueur monastique et ouverture aux traditions non chrétiennes, notamment hindoues. Son rôle de représentant du patriarcat œcuménique au Concile Vatican II, sa direction spirituelle de la communauté de Deir-el-Harf et son enseignement à Beyrouth illustrent une pensée théologique nourrie par l'hésychasme et l'apophatisme orientaux. L'article met en lumière la contribution de Scrima au renouveau de la théologie liturgique byzantine et à la réflexion œcuménique du XXe siècle.

Le 28 novembre 1956, le jeune moine André Scrima (1925-2000) partait en avion de Bucarest vers Bénarès, où on lui avait offert une bourse d'études doctorales. Le sujet qu'il s'était proposé était le suivant : Essai sur l'état ultime. Samkhya-Vedantabhāsya et la tradition chrétienne orientale. Arrivé en Inde, il écrit une longue lettre au père Benoît Ghiuș, membre du groupe où il s'était formé, au monastère bucarestois Antim. Elle commence ainsi :Vous souvenez-vous de ce matin de novembre quand je me suis détaché de la terre sans surprise, je dirais de manière naturelle, avec une intense normalité ? J'ai senti que désormais je m'étais libéré du « voyage » et que j'entrais sur la « voie », ce qui est tout autre chose. …

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