Souvenirs et transmission

Présentation de l'article établie par la revue Contacts
Anne Le Carvèse, fille du père Nicolas Lossky, livre un témoignage personnel sur la mémoire et la transmission de l'héritage spirituel et intellectuel de son père. Relevant du genre mémoriel et testimonial, cet article s'inscrit dans un ensemble de contributions consacrées à la figure du théologien orthodoxe. L'auteure y explore la manière dont une vie entièrement orientée par la foi chrétienne se transmet au sein de la famille et au-delà, à travers les souvenirs concrets et les traces laissées par une personnalité marquante. L'apport de ce texte réside dans la dimension intime et filiale qu'il apporte à la connaissance de Nicolas Lossky : il complète les approches académiques ou institutionnelles en offrant un éclairage sur la cohérence entre l'engagement théologique et l'existence quotidienne d'un homme d'Église du XXe siècle.

Mon père n'a pas longtemps été prêtre mais s'est consacré au service de l'Église, depuis son plus jeune âge.Sa vie professionnelle a été riche et profonde, toujours au service de l'Église. Il a étudié la théologie, puis est devenu professeur. Il a étudié à Oxford, en Angleterre, et a soutenu une thèse sur Lancelot Andrewes, théologien anglican, montrant son engagement dans l'Église et le sens de la responsabilité du prédicateur. Sa spécialité était la religion anglicane et ce travail l'a conduit naturellement vers l'œcuménisme. Son travail dans le mouvement œcuménique n'avait d'autre but que le dialogue, la rencontre de l'autre sans aucune forme de triomphalisme orthodoxe. La leçon que l'on peut tirer de son engagement dans ce mouvement est que le fait de prier les uns pour les autres, de faire connaissance, d'admettre les différences, mène à l'amour du prochain et est porté par l'amour du Christ. …

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