Le père Sophrony et les moines bénédictins de Saint-Wandrille

rencontres et prières
Présentation de l'article établie par la revue Contacts
Cet article porte sur les relations entretenues entre le père Sophrony Sakharov, moine orthodoxe et disciple de saint Silouane l'Athonite, et la communauté bénédictine de l'abbaye de Saint-Wandrille. Dom Silouane Caffet, lui-même moine bénédictin, propose un témoignage personnel et documenté sur ces échanges interconfessionnels. L'idée centrale est celle d'une paternité spirituelle qui transcende les frontières confessionnelles : le père Sophrony a exercé une influence réelle et profonde sur des moines d'obédience latine, dans un esprit de respect mutuel et de fraternité monastique. Sur le plan théologique et historique, l'article met en lumière la portée œcuménique de la spiritualité silouanienne et illustre comment la tradition hésychaste athonite a pu féconder la vie monastique occidentale au XXe siècle, constituant ainsi un témoignage concret de rapprochement entre les deux grandes traditions monastiques chrétiennes.

Je ne connaissais pas le starets Silouane dont je ne soupçonnais pas même l'existence, mais qui a surgi un jour dans ma vie puis, avec un doux entêtement, est revenu à plusieurs reprises jusqu'à ce que sa paternité s'impose à moi et que je la reçoive. Il m'avait si bien « apprivoisé » que lorsque vint le moment de prononcer mes premiers vœux (1984), le désir de placer ma vie de moine sous sa paternité fut tel que j'ai demandé à mon abbé la bénédiction de recevoir le nom nouveau de Silouane. Je percevais en lui, ramassée et continuée de façon unique dans la profondeur de son expérience intérieure, l'expérience multiple et typique des saints Pères de toujours et de partout.

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