Vivre la perte d'un proche
J’ai été anéantie par le suicide de notre fils, Samuel, à l’âge de 24 ans. Je me souviens encore de cette question qui me traversait au lendemain de la mort de Samuel : comment trouver la force de me lever le matin ? Tout semblait détruit en moi. Ma vie entière paraissait anéantie, et chaque réveil était une épreuve. Ce n’était même plus vivre ; c’était simplement survivre à une douleur abyssale. Dans mon livre Ce lien qui ne meurt jamais j’ai voulu montrer quels avaient été les petits signes quotidiens, comme des cailloux blancs, qui m’avaient permis de ne pas me noyer définitivement. Je l’ai écrit quatre ans après son décès et si j’ai pu le faire c’est parce qu’il s’est passé quelque chose que j’appelle « l’événement improbable », que j’ai mis quinze ans à pouvoir raconter.
