Le Centre perdu

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article est un extrait de l'essai critique *Le Centre perdu* de Zissimos Lorentzatos, traduit du grec par Jacques Touraille. L'auteur y développe une analyse de la crise de la poésie européenne depuis la Renaissance, en mobilisant des références allant de Rimbaud et Mallarmé à T. S. Eliot et Artaud. Sa thÚse centrale est que cette crise n'est pas d'ordre esthétique ou technique, mais fondamentalement métaphysique : la poésie moderne a perdu son « centre », c'est-à-dire son ancrage dans une tradition spirituelle vivante. L'apport théologique de l'essai est explicite : Lorentzatos identifie ce centre perdu à la tradition orthodoxe orientale, qu'il oppose à l'anthropocentrisme issu de la Renaissance. Il interpelle la GrÚce moderne, héritiÚre d'une tradition spirituelle intacte, lui reprochant de l'ignorer au profit d'une imitation stérile des modÚles européens.

Depuis l'Ă©poque — 1822 — oĂč Stendhal s'en prenait Ă  l'emploi du vers rĂ©gulier au théùtre, jusqu'au moment oĂč Hulme en 1924 dĂ©cidait ou espĂ©rait qu'on ne crĂ©erait pas de poĂ©sie nouvelle tant qu'on n'aurait pas forgĂ© un nouvel art poĂ©tique dans le sens le plus large..., la question de la poĂ©sie ne fait que pĂ©nĂ©trer toujours davantage dans une crise ou une Ă©preuve dĂ©cisive.Il faut dire d'emblĂ©e qu'il ne s'agit pas ici d'une difficultĂ© passagĂšre, ou simplement de la lutte habituelle des gĂ©nĂ©rations, mais d'une rĂ©vision absolue de la conception contemporaine de l'art tel qu'il s'est dĂ©veloppĂ© en Europe depuis la Renaissance, ainsi que de sa rĂ©adaptation ou de son ouverture Ă  d'autres Ă©poques oĂč cette conception Ă©tait aux antipodes de l'actuelle et oĂč la mission de l'art se dĂ©finissait tout Ă  fait diffĂ©remment. 


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