Homélies
Jn 11,1-45
Mes chers frères,
Ce n'est pas banal d'entendre les paroles que saint Jean fait résonner en ce jour à nos oreilles et qui, je pense, percent et troublent d'une façon ou d'une autre notre cœur profond. Ce n'est pas banal d'abord, parce que, me semble-t-il, dans ce raccourci brûlant, vertigineux, c'est notre condition humaine dans ce qu'elle a de plus implacable, de plus douloureux, de plus exaltant aussi, qui nous est présentée, et que nous sommes conviés à assumer, une fois de plus, aujourd'hui. Mais l'assumer, alors, jusqu'à ses extrêmes limites, là où se tient ce Dieu terriblement humain lui-même, terriblement frémissant, compatissant, que nous venons de voir et d'entendre, et où il se tient dans toute sa force immense, calme, lumineuse comme un autre Orient sur le monde, sur nos vies, sur l'univers tout entier, comme un autre surgissement de lumière, de force, de compréhension.
