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N° 208
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Liminaire

Le 16 janvier 2004 restera une date de haute portée symbolique pour l'Église orthodoxe en France. Ce jour-là, au terme de démarches qui auront duré plusieurs années, le saint-synode du patriarcat œcuménique a canonisé le père Alexis Medvedkov (1867-1934), ainsi que le père Dimitri Klépinine (1904-1944), mère Marie (Skobtsov) (1891-1945) et leurs compagnons, Georges (Youri) Skobtsov (1921-1944) et Élie Fondaminsky (1880-1942), personnalités qui ont marqué l'histoire spirituelle de l'émigration russe en France. Des célébrations liturgiques solennelles à l'occasion de leur glorification se sont déroulées les 1ᵉʳ et 2 mai 2004, en la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Néva, rue Daru, à Paris.

Un important colloque sur ces nouveaux saints a été organisé par Nikita Struve, professeur émérite de l'université Paris X-Nanterre, mandaté par le Conseil de l'Archevêché des paroisses d'origine russe en Europe occidentale dans la juridiction du patriarcat œcuménique. Il s'est tenu le 20 juin dernier à l'Institut Saint-Serge (Paris), sous la présidence de l'archevêque Gabriel de Comane, exarque du patriarche œcuménique. La revue Contacts est heureuse de s'associer à cet événement en consacrant entièrement la présente livraison à la publication des Actes de ce colloque. On trouvera donc les textes des différentes communications dans l'ordre où eurent lieu les interventions.

Que réunit donc le saint prêtre Alexis Medvedkov, simple pasteur de province, homme de dévouement et de piété, et le groupe des chrétiens orthodoxes du centre de la rue Lourmel à Paris : mère Marie, père Dimitri Klépinine et leurs compagnons Georges Skobtsov et Élie Fondaminsky, morts en martyrs sous l'occupation nazie ? Sans nul doute une même foi inébranlable dans le Dieu de Jésus-Christ, et un sens identique de l'engagement social et ecclésial au service du prochain. Se donnant pour vocation d'accomplir » l'œuvre inlassable de l'amour », ils ont fait don de leurs personnes jusqu'au bout. Ainsi ont été confirmées à leur propos les paroles mêmes de mère Marie : « La liberté oblige, elle appelle à se sacrifier ; la liberté exige l'honnêteté et la sévérité vis-à-vis de soi, de sa vie ».

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