Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article examine la situation canonique de la diaspora orthodoxe à travers le prisme du phylétisme, hérésie condamnée par le Concile de Constantinople de 1872. Noël Ruffieux adopte une approche historique et théologique synthétique pour analyser le glissement progressif de l'Église territoriale vers l'Église nationale, glissement dont la diaspora constitue le révélateur le plus aigu. L'idée centrale est que la dispersion géographique des orthodoxes hors de leurs pays d'origine cristallise et amplifie les désordres ecclésiaux engendrés par le phylétisme sous ses formes multiples. L'article s'appuie notamment sur les conclusions de la quatrième Conférence panorthodoxe préconciliaire de 2009, qui reconnaissait l'impossibilité d'un retour immédiat au principe canonique d'un seul évêque par lieu. L'apport de l'étude réside dans sa mise en perspective historique et conciliaire d'une question ecclésiologique demeurée sans résolution institutionnelle satisfaisante au sein de l'Orthodoxie contemporaine.
Au sein de l'Église orthodoxe contemporaine,
il existe trois problèmes majeurs,
ce sont les deux suivants : l'ethno-phylétisme !
En d'autres termes, on parle de nombreux problèmes
qui touchent l'Église orthodoxe de nos jours,
mais, à vrai dire, je n'en vois qu'un seul qui résume
et contient tous les autres : l'ethno-phylétisme.
Cette affirmation de Grégoire Papathomas, à l'humour
grinçant, veut résumer la situation ecclésiologique de l'Église
orthodoxe en ce début du 3ᵉ millénaire.
En 1872 déjà, réunissant les primats des quatre
patriarcats orientaux de l'ancienne pentarchie, le Concile de
Constantinople prit la mesure du problème. Il était appelé
à résoudre la « question bulgare », à répondre à des
revendications que Constantinople ne pouvait satisfaire et à
colmater la fissure qui s'était produite. La question bulgare
est emblématique de la situation au XIXᵉ siècle.