Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du théologien Assaad Elias Kattan examine la relation entre la théologie orthodoxe et l'herméneutique philosophique moderne, en s'appuyant notamment sur les travaux de Gadamer et Ricœur. Adoptant une démarche d'analyse critique, l'auteur réfute d'abord l'argument de certains penseurs orthodoxes selon lequel le passage à la postmodernité dispenserait la théologie orthodoxe d'un dialogue avec la modernité. S'appuyant sur la distinction établie par Peter Zima entre modernité, modernité tardive et postmodernité, il montre que l'herméneutique philosophique relève autant de la postmodernité que de la modernité. L'article analyse ensuite trois programmes herméneutiques orthodoxes contemporains pour mettre en lumière une quête implicite d'un critère interprétatif absolu. L'apport théologique principal réside dans la proposition que seul l'Esprit Saint peut constituer un tel critère ultime, les institutions ecclésiales n'en étant que des témoins, et que l'interprétation demeure un processus synergique et eschatologiquement ouvert.
Dans ses « Prolégomènes » relatifs à la question du rapport entre l'orthodoxie et la modernité – un des rares traités théologiques orthodoxes abordant cette question – le théologien grec Pantelis Kalaïtzidis signale, à juste titre, le fait que plusieurs penseurs orthodoxes rejettent l'idée que la théologie orthodoxe serait elle aussi invitée à faire face à la modernité, et font recours à un pseudo-argument, à savoir celui que la culture occidentale elle-même aurait déjà effectué une transition de la modernité à la postmodernité. En d'autres termes, puisque notre monde n'est plus moderne, mais plutôt post-moderne – quelle que soit la définition de ces deux concepts –, il n'est plus impératif que les intellectuels orthodoxes se penchent sur ce problème. Car pourquoi devraient-ils traiter d'un phénomène qui n'existe plus ? …
La suite de cet article est réservée aux abonnés de la revue Contacts.