Mystagogie de l'image peinte de la Crucifixion
« Car le Beau n'est rien d'autre Que le commencement du terrible Qu'Ă peine Ă ce degrĂ© nous pouvons encore supporter ».Rainer Maria RilkeDe toutes les reprĂ©sentations, peintes ou sculptĂ©es, du corps humain, la plus Ă©laborĂ©e est celle de JĂ©sus crucifiĂ©. Et cela parce que, dans tout ce qui nous est connu de l'histoire de la peinture et de la sculpture, cette image rĂ©unit le plus d'aspects, s'est formĂ©e sous l'influence du plus grand nombre de tendances, de courants de pensĂ©e, philosophiques, religieux et esthĂ©tiques. Les tensions les plus extrĂȘmes y trouvent leur expression : de l'image la plus conventionnelle du Christ triomphant revĂȘtu d'une tunique prĂ©cieuse, jusqu'Ă la Crucifixion de GrĂŒnewald, effrayante de « nestorianisme ». Mais la plus synthĂ©tique, celle qui rĂ©unit ces contradictions, est â en ses diverses variantes â la Crucifixion reçue de la tradition de l'icĂŽne byzantine Ă l'Ă©poque de sa maturitĂ©. âŠ
