Liminaire


Liminaire

📄 TĂ©lĂ©charger le PDF

C’est un prĂȘtre orthodoxe de grande expĂ©rience humaine et spirituelle qui, sous le pseudonyme de Pierre, nous parle, « avec crainte et tremblement », confiance aussi, de l’Ă©vidence de l’amour. Un amour qui fait tomber les barriĂšres dont nous nous protĂ©geons, sans doute parce que nous avons peur des autres, en dĂ©finitive peur de notre propre mort, comme si le Christ n’Ă©tait pas ressuscitĂ©… « Aujourd’hui, disait le patriarche AthĂ©nagoras, l’amour tombe sur la face de l’Eglise et la transfigure ». C’est ce que montre Nicolas Lossky en Ă©tudiant, au-delĂ  de toute affectivitĂ© dans Orthodoxie et OecumĂ©nisme, l’ĂȘtre mĂȘme de l’Orthodoxie comme catholicitĂ© ouverte, tĂ©moignage humble et fidĂšle de l’Eglise indivise, vĂ©ritĂ© vivante et libĂ©ratrice. Seule cette vĂ©ritĂ© insĂ©parable de la vie et de l’amour, cette conciliaritĂ© animĂ©e par la vie trinitaire si nous tentons de leur correspondre, pourront dissoudre les indurations pĂ©cheresses, les positions durcies, unilatĂ©rales (et d’abord dans l’Orthodoxie historique) pourront dĂ©gager et affermir le kĂ©rygme fondamental tout en respectant la diversitĂ© lĂ©gitime des commentaires et des approches, comme les thĂ©ologiens orthodoxes ont su le faire ces derniĂšres annĂ©es Ă  propos des non-chalcĂ©doniens. L’oecumĂ©nisme, dans ce sens, n’est ni bavardage ni relativisme, mais l’ĂȘtre mĂȘme de l’Orthodoxie, son dynamisme Ă©picĂ©tique. Car l’unitĂ© n’est pas seulement donnĂ©e Ă  l’Eglise, elle est Ă©noncĂ©e par le Seigneur dans un priĂšre Ă  son pĂšre : « Qu’ils soient un comme nous sommes un ».

Olivier ClĂ©ment achĂšve la publication de ses Notes sur le Grand Canon de saint AndrĂ© de CrĂšte. Il voudrait montrer comment, Ă  la « descente » du Seigneur dans notre enfer et dans notre mort correspond la « montĂ©e » de l’homme dans la vie, Ă  travers l’ascĂšse et l’Ă©veil, par les Ă©nergies divines, des Ă©nergies correspondantes de l’homme « Ă  l’image » de Dieu.

AndrĂ© Desilets, professeur Ă  l’UniversitĂ© de QuĂ©bec, Ă©voque dans Une introduction Ă  la philosophie paradoxale la pensĂ©e de LĂ©on Chestov (1866-1938). Ce grand philosophe religieux russe, judĂ©o-chrĂ©tien, proche de Pascal, de Kierkegaard, et peut-ĂȘtre de l’intuition la plus profonde de Nietzsche, a Ă©tĂ©, insĂ©parablement, le tĂ©moin de l’Ă©veil hors des apparences de ce monde — « l’Ăąme, disait-il, rĂ©ussit trĂšs rarement Ă  s’Ă©veiller de l’Ă©vidence rationnelle » — et le tĂ©moin de la nature radicalement diffĂ©rente de la foi qui seule peut constituer « une nouvelle dimension de la pensĂ©e qui donne accĂšs au CrĂ©ateur ». Il y a lĂ  une dĂ©marche qui anticipe Ă©trangement les accents d’un Maurice Clavel, dans ses derniers et si indispensables ouvrages, et converge avec l’effort contemporain pour dĂ©passer toute idĂ©ologie (contre ou dans le christianisme). Le PĂšre Basile Zenkowsky voyait dans la non-philosophie de Chestov une propĂ©deutique indispensable Ă  toute Ă©laboration idĂ©ologique.

A propos d’un colloque organisĂ© par le Conseil OecumĂ©nique des Eglises, Elisabeth Behr-Sigel (dans OecumĂ©nisme au fĂ©minin) prĂ©cise certaines positions orthodoxes concernant la pleine dignitĂ© personnelle de la femme, elle aussi « image de Dieu ».

Enfin Maxime Kovalevsky rend hommage au compositeur Jean Lialine, hommage auquel ont tenu Ă  s’associer le fils du dĂ©funt et le musicien Jean Rivier.

CONTACTS.