Ce numéro — de théologie et de spiritualité — constitue comme un résumé, extrêmement rapide et partiel certes, mais suggestif, de toute notre foi. Rappels indispensables en ces temps où la soif spirituelle se creuse tandis que bien des incertitudes se font jour concernant l’identité chrétienne.
André Botteman, dans L’Homme face à Dieu selon Grégoire de Nysse, suggère une métaphysique où la rencontre personnelle permet la participation ontologique.
Olivier Clément, dans ses Aperçus sur la présence eucharistique montre comment cette participation se réalise par le «mystère des mystères», en Christ, dans une perspective inséparablement pneumatologique et eschatologique.
Rodi Antoniadou précise cette anthropologie eucharistique dans une première étude — d’autres suivront — sur Le thème du cœur dans la Philocalie.
Le don le plus fondamental de l’eucharistie, de l’ascèse, de la vie ecclésiale, devrait être la paix, non certes comme le monde et l’histoire la donnent (ou plutôt ne la donnent pas), capable cependant d’inscrire dans le monde et l’histoire les signes précaires, toujours à réinventer, d’une «civilisation de l’amour» (Jean Besse : L’Évangile de la paix).
Dans les chroniques, sœur Philaréta Engelund achève de nous décrire la Vie de Théophane le Reclus, ce grand spirituel russe du siècle dernier, et Elisabeth Behr-Sigel poursuit sa réflexion sur Hommes et Femmes dans l’Église, en soulignant les puissances de création qui sont incluses dans la Tradition. On ne saurait oublier en effet, malgré tant de scribes et de pharisiens, la dimension prophétique de l’Orthodoxie.
