L'unité dans la diversité
CHRONIQUE
l'art du portrait féminin révèle aussi chez lui un côté prédateur et dominateur, le désir de conquérir tous les domaines et d'accéder à la puissance de l'androgyne. L'esthétique tolstoïenne de la douleur-joie, de l'apaisement-déchirement tente d'unir des contraires. C'est de ces perpétuelles tensions, dont la moindre n'est pas celle que nous avons choisi d'étudier, que naît l'art. La relation de Tolstoï à son personnage féminin recouvre la plupart de ses déchirements dont le premier vient du désir de Dieu que la femme fortifie ou entrave. Et si nous avons lié si intimement cette relation à celles que l'écrivain entretenait avec l'art et avec le christianisme, c'est que le nœud essentiel de sa somptueuse vision du monde réside à notre avis dans cette conjonction, tentative désespérée de faire coïncider les opposés fondamentaux, la matière et l'esprit.
