Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Nicolas Lossky examine la question des droits de l'homme à partir d'une perspective théologique orthodoxe, en dialogue avec les grands textes juridiques internationaux du XXe siècle, notamment la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Adoptant une approche à la fois critique et constructive, l'auteur montre d'abord que l'usage universel de la notion de dignité humaine masque une profonde équivoque du langage, les mêmes termes servant à justifier des pratiques opposées. Il établit ensuite une distinction fondamentale entre une conception « défensive » des droits, centrée sur l'individu et ses intérêts propres, et une conception évangélique, orientée vers le don de soi pour autrui. L'apport théologique de l'article réside dans l'articulation entre christologie, anthropologie orthodoxe et engagement éthique : la défense des droits de l'homme trouve son fondement ultime dans la déification de l'homme accomplie par le Christ, second Adam.
Le thème des droits de l'homme est devenu, dans les dernières décennies, un thème aussi difficile à traiter que l'œcuménisme, la coexistence pacifique ou la démocratie. A peu près tout le monde s'y réfère, en parle, les «défend». Cela est vrai aussi bien de personnalités individuelles — de Pierre Emmanuel à Georges Marchais, pour ne parler que de la France — que de collectivités de toutes sortes, syndicats, partis politiques, municipalités, régions, Etats (sans parler de groupements religieux).
A peu d'exceptions près, tous les Etats souverains du monde acceptent, au moins en théorie, la Charte des Nations Unies du 26 juin 1945 et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948. Ces textes (que tout le monde connaît) représentent au moins une sorte d'engagement moral (sinon plus — leur valeur juridique n'a jamais fait l'unanimité pour les Etats membres). Il n'est peut-être pas inutile d'en rappeler quelques phrases.