Le mouvement « néo-orthodoxe » en Grèce

L'anti-occidentalisme grec
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Panayote Dimitras, extrait de la revue *Esprit*, propose une analyse historique et sociologique de l'anti-occidentalisme grec, en l'articulant autour de trois courants distincts. L'étude retrace d'abord les racines médiévales de cette hostilité, ancrée dans le schisme de 1054 et les traumatismes des croisades, avant d'examiner l'anti-occidentalisme contemporain, nourri par la guerre civile, la crise chypriote et l'idéologie tiers-mondiste du Pasok. L'article s'attarde ensuite sur l'émergence, au début des années 1980, d'un courant « néo-orthodoxe » cherchant à réconcilier tradition byzantine, identité hellénique et aspiration socialiste. L'apport principal réside dans la mise en évidence des tensions entre modernisation culturelle et résistance identitaire, ainsi que dans l'identification de dérives potentiellement antidémocratiques au sein de ce mouvement, dont la portée théologique et politique reste à l'époque encore marginale mais significative.

« Mieux vaut le turban turc que la mitre latine » (dicton populaire peu avant la chute de Constantinople)Depuis l'Antiquité, les Grecs avaient vis-à-vis des autres peuples un sentiment de supériorité bien résumé dans le dicton « Qui n'est pas grec est barbare ». Dans cette dernière catégorie, ils incluaient même les Macédoniens de Philippe, avant qu'Alexandre le Grand ne devînt maître de toute la Grèce. La civilisation alexandrine fut vite supplantée par celle d'une autre « tribu barbare », les Romains. Or tout Grec se félicite aujourd'hui, grâce aux cours d'histoire dans les lycées, du fait que « si les Romains nous ont conquis par les armes, ils ont été conquis par notre civilisation ». Quand Constantin transféra la capitale de l'Empire de Rome à Byzance, une nouvelle ère commença pour les Grecs. Ils réussirent très vite à « helléniser » …

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