Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément propose une étude théologique de la relation entre l'Esprit Saint et l'Église dans la tradition orthodoxe. S'appuyant principalement sur la théologie anténicéenne — Hermas, Clément de Rome, Irénée de Lyon — ainsi que sur les Pères grecs ultérieurs, l'auteur examine comment l'Orient chrétien conçoit l'Église comme sacrement pneumatique du Ressuscité, lieu d'une Pentecôte perpétuée. L'idée centrale est que l'Église ne peut être comprise selon les oppositions occidentales entre institution et prophétie, visible et invisible, mais comme Corps du Christ au sens de *sôma pneumatikon*. L'article analyse successivement le lien originel entre Esprit et Église dans la pensée pré-nicéenne, la communion ecclésiale comme participation trinitaire, l'articulation entre ministère ordonné et charismes personnels, et la triple dignité royale, sacerdotale et prophétique conférée à tout baptisé par la chrismation.
L'Orient chrétien voit l'Eglise dans l'Esprit-Saint. Il la voit ainsi par le regard de la foi — « je crois en l'Eglise... » —, à travers ses limitations empiriques, à travers les péchés individuels ou les péchés historiques de la chrétienté. Il la voit « non par l'esprit de ce monde, mais par l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu, par sa grâce, nous a données » (I Cor 2, 12).Là où l'Occident tend à opposer, selon la dualité de l'Esprit et de l'institution, de la prophétie et du sacrement, de la liberté et du sacerdoce, de l'Eglise visible et de l'Eglise invisible, l'Orthodoxie contemple l'Eglise comme sacrement « pneumatique » du Ressuscité, comme Parousie du Christ dans l'Esprit que le Père envoie en réponse à l'épiclèse, comme Corps du Christ au sens de Sôma pneumatikon. …
La suite de cet article est réservée aux abonnés de la revue Contacts.