Poème : Je parcours Ninive 51

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article présente un poème de Bernard Jakobiak intitulé « Je parcours Ninive 51 », daté du 7 avril 1990. Il s'agit d'une œuvre poétique en sept séquences, publiée dans une revue de théologie orthodoxe en lien avec une réflexion sur la beauté, la création et la vocation humaine. Le poème déploie le parcours d'une figure prophétique — évoquant Jonas à Ninive — traversant l'épreuve du dépouillement, de la fuite et de la résistance pour parvenir à une renaissance. L'idée centrale est celle de la transformation intérieure par le renoncement : perdre pour être sauvé, se vider pour recevoir. Sur le plan théologique, le poème illustre la vocation de l'homme comme « créateur créé », appelé à traverser la défiguration pour accéder à la transfiguration, sous l'action de l'Esprit, rejoignant ainsi la thématique orthodoxe de la kénose et de la déification.

1.

L'esprit comme un arbre,
prend racines dans le corps
et mouvement dans l'âme inassouvie.
Chacun à l'étroit dans l'opulence
rejoint les oubliés quand il ose,
les découvre réduits au silence,
défend l'honneur qu'ils ont ignoré,
joue sa vie, veut leur apporter la parole,
butte contre les murs de leur peur,
doit fuir parmi les pierres, les herbes
rares, les heures vides.
Au large, au rien, en plein soleil,
contre le nombre, les brigandages,
il donne cours à l'ombre intime,
voit flamboyer l'Inaccompli.

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