Le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Bertrand Vergely examine la relation entre religieux et modernité, deux réalités que l'opinion commune tend à opposer radicalement. Adoptant une démarche philosophique et théologique, l'auteur récuse aussi bien l'antimodernisme religieux que l'anticléricalisme des Lumières, pour défendre une thèse d'implication réciproque : le religieux authentique est foncièrement moderne, et la modernité authentique est foncièrement religieuse. S'appuyant sur Kant, Gauchet, Girard, Dolto, Baudrillard et Maître Eckhart, Vergely montre que nihilisme et fanatisme ne sont pas les fruits respectifs de la modernité et du religieux, mais les deux faces d'une même réification du monde. L'apport théologique central réside dans la figure du Christ comme « parole vivante », maître du langage symbolique contre toute idolâtrie des choses, offrant ainsi une voie de dépassement du conflit entre sacré et désacralisation, et ouvrant la perspective d'un « homme noble » réconciliant intériorité mystique et liberté moderne.

Quand on prend le religieux et la modernité, tout les oppose apparemment. Le religieux est comme son nom l'indique, une relation. Etre religieux, c'est être « relié à ». C'est être relié à un mystère qui comprend l'homme. C'est être relié à une tradition qui permet d'actualiser ce mystère parmi les hommes en en faisant un mystère pour les hommes et non une abstraction. La modernité, elle, est séparation. Etre moderne pour reprendre un terme de Kant, c'est « apprendre à marcher tout seul ». C'est penser par soi-même en refusant d'adhérer à un sens préconstitué. C'est agir par soi-même en refusant d'obéir à un ordre déjà là.

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