Images et icônes dans l'Eglise syrienne orthodoxe d'Antioche

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Christine Chaillot examine la place des images et des icônes dans l'Église syrienne orthodoxe d'Antioche, dite « préchalcédonienne » ou « jacobite ». Relevant d'une étude historique et iconographique, il s'appuie sur des sources patristiques syriaques, des chroniques médiévales et des observations de terrain effectuées au Liban, en Syrie, en Turquie et à Jérusalem. L'idée centrale est de réfuter la thèse tenace selon laquelle les Syriens orthodoxes auraient été iconoclastes en raison de leur christologie dite « monophysite ». L'auteure démontre, par une documentation étendue allant du mandylion d'Édesse aux pratiques contemporaines, que cette Église a constamment utilisé et vénéré les images. Sur le plan théologique, l'article établit que l'iconoclasme byzantin est indépendant du monophysisme syriaque, et que la tradition iconodule syriaque s'inscrit dans une continuité doctrinale cohérente avec les conclusions du concile de Nicée II.

Très tôt la foi chrétienne avait pénétré à Edesse, mère de toutes les églises de la Mésopotamie et capitale de la culture syriaque, dans le royaume d'Osrhoène, et c'est là que le mandylion, sorte de prototype de toutes les icônes du Christ, aurait été rapporté de Jérusalem au Roi Abgar. Le mandylion est d'ailleurs l'argument essentiel pour qui accuse les églises syriaques de mentalité iconoclaste. Sous Tibère II (578-82) Anatolius, vice-préfet d'Edesse, plaça le mandylion ou une copie dans sa maison où les chrétiens venaient le voir. Vers

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