Le Père Lev Gillet et le « mystère d'Israël »

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Bernard Dupuy examine la relation du père Lev Gillet (1893-1980), moine orthodoxe de l'Église d'Orient, avec ce qu'il nommait le « mystère d'Israël ». Relevant d'une étude biographique et théologique, il retrace l'évolution d'une pensée longtemps absente de la vie spirituelle de Gillet, avant qu'une expérience mystique survenue en 1935 au lac de Tibériade ne l'oriente définitivement vers le judaïsme. L'article analyse ensuite l'ouvrage majeur qui en résulte, *Communion in the Messiah* (1942), dans lequel Gillet développe une théologie du dialogue judéo-chrétien fondée sur une « communion dans le Messie », une lecture paulinienne du mystère d'Israël et une réflexion originale sur le sionisme. L'apport de l'article réside dans la mise en lumière d'une contribution orthodoxe pionnière au dialogue judéo-chrétien, antérieure aux grandes déclarations conciliaires, et dans l'articulation entre expérience spirituelle personnelle et élaboration théologique.

Pendant de très longues années, le Père Lev est resté, semble-t-il, tout à fait étranger aux Juifs, et silencieux sur ce qu'on peut appeler le mystère d'Israël. Certes, il avait, étant jeune, pris parti pour Alfred Dreyfus, mais c'était, semble-t-il, par simple sens de la justice. L'Affaire en elle-même n'avait pas éveillé grand-chose en lui. Et, en 1925, lorsqu'il séjourna une année entière à la Laure d'Uniov, à Lviv, habité par tant de questions œcuméniques, il voit des Juifs en caftan et en stremel passer sous sa fenêtre, et cela n'attire pas la moindre remarque dans ses lettres. La question des Juifs, cette préoccupation plus tard centrale pour lui, n'entrera dans sa vie qu'après l'époque des grandes orientations de sa vie religieuse.

La suite de cet article est réservée aux abonnés de la revue Contacts.
S'abonner pour lire la suite
Abonnement numérique · Accès immédiat à la bibliothèque Contacts