Thrène de la Mère de Dieu

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article présente le *Thrène de la Mère de Dieu*, poème grec daté vraisemblablement de la fin du XIVe siècle, consacré aux lamentations de Marie au pied de la Croix. Sophie Stavrou en propose une traduction française accompagnée d'une introduction historique et littéraire. L'article situe ce texte dans la longue tradition du thrène grec, genre funèbre féminin hérité de l'Antiquité, et retrace sa filiation liturgique depuis le kondakion de Romanos le Mélode jusqu'aux hymnes de la Semaine Sainte byzantine. L'idée centrale est que ce poème articule pathétique populaire et théologie de la Passion : Marie y traverse le désespoir et la révolte avant d'accepter le sacrifice du Christ et d'attendre sa résurrection. L'apport de l'article est double : il met en lumière la continuité créatrice entre hymnographie liturgique et poésie paraliturgique byzantine, et il rend accessible en français un texte transmis par des manuscrits athonites, édités par Manousakas.

Le thrène désigne dans le monde grec les lamentations funèbres chantées ou psalmodiées par les femmes qui veillent le mort et l'accompagnent jusqu'à sa tombe, selon une tradition qui se perpétue depuis l'Antiquité. Il a donc inspiré d'innombrables créations, populaires et savantes, profanes et religieuses, jusqu'à devenir un véritable genre littéraire. C'est ainsi qu'à la fin de l'empire byzantin et après sa chute de nombreux thrènes furent composés sur un être ou un pays perdus : pensons aux trois thrènes de Théodore Métochite sur le déclin de l'Empire, et à tous ceux qui évoquent la chute de Constantinople et de Trébizonde.

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