Le destin du cosmos à la parousie selon les Pères de l'Eglise

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Jean et Hélène Bastaire examine la question du destin eschatologique du cosmos à la Parousie à travers une étude patristique couvrant du IIe au Ve siècle. Procédant par une analyse comparative des sources, les auteurs interrogent la manière dont les Pères de l'Église ont pensé la résurrection universelle, au-delà de la seule humanité. L'idée centrale est que la tradition patristique est traversée par une tension irrésolue entre deux héritages : d'un côté, une vision biblique et judéo-chrétienne affirmant la résurrection concrète de l'ensemble de la création — illustrée notamment par Irénée de Lyon et Éphrem de Nisibe —, de l'autre, un dualisme néoplatonicien qui conduit des auteurs comme Origène, Grégoire de Nysse ou Augustin à restreindre la promesse eschatologique à la seule humanité. L'apport de l'article est de montrer que cette restriction constitue une incohérence théologique au regard du principe même de la bonté créatrice divine et de la solidarité entre le corps humain et le corps cosmique.

Irénée de Lyon est un témoin précieux, car venu d'Asie mineure et vivant durant la seconde moitié du IIᵉ siècle, il touche presque directement à la génération apostolique. Dans sa jeunesse, n'a-t-il pas été auditeur de Polycarpe, le vieil évêque de Smyrne, qui lui a transmis l'enseignement de l'évangéliste Jean ?

Dans son grand traité Contre les hérésie, il fustige le mépris gnostique de la création en reprenant les termes du prologue du quatrième évangile : « L'Auteur du monde est en toute vérité le verbe de Dieu : lui-même, dans les derniers temps, s'est fait homme, alors qu'il était déjà dans le monde et qu'au plan invisible il soutenait toutes les choses créées et se trouvait enfoncé dans la création. Voilà pourquoi il est venu de façon visible dans son propre domaine, s'est fait chair et a été suspendu au bois, afin de récapituler toutes choses en lui ».

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