Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article propose une recension analytique de l'ouvrage de Paul Evdokimov, *Gogol et Dostoïevski ou la Descente aux enfers* (1961), rédigée par Olivier Clément, dont les travaux de thèse portaient précisément sur Dostoïevski et le problème du mal. L'essai d'Evdokimov n'est pas une double monographie, mais une réflexion unifiée sur la manière dont ces deux écrivains russes mettent en lumière un « trou de transcendance » irréductible au cœur de l'existence humaine. Gogol dévoile l'athéisme inconscient sous la forme de la platitude et du mal quotidien, tandis que Dostoïevski explore les formes extrêmes de l'athéisme conscient pour les ouvrir sur la résurrection. L'apport théologique de l'ouvrage réside dans la formulation d'arguments « agapique » et « iconosophique » de l'existence de Dieu, et dans une relecture christologique de la souffrance et de la sainteté à partir de la littérature russe du XIXe siècle.
Il ne s'agit pas de deux monographies juxtaposées, mais d'un essai unique sur la « descente aux enfers » : c'est la même découverte d'un irréductible « trou de transcendance » qui empêche l'humanité de se refermer sur elle-même. Démasqué, le mal exige le choix ultime : le suicide ou la sainteté.Gogol vit une foi difficile, volontariste, à travers une expérience fondamentale d'angoisse et de désespoir. La disparition d'amis proches, l'expérience personnelle, léthargique, du « mourir », l'amènent à s'étonner du somnambulisme des hommes, « qui se contentent simplement d'exister » (cit. p. 23) et à dénoncer « l'insensibilité cadavérique de la vie à la mort » (cit. p. 116). Il va donc « dévoiler crûment la trivialité de la vie, décrire la mesquinerie de l'homme moyen » (cit. p. 33). …
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