Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du philosophe Bertrand Vergely, enseignant à l'Institut Saint-Serge de Paris, examine les rapports entre morale, religion et éthique contemporaine. Adoptant une approche philosophique et théologique, l'auteur part du constat d'une contradiction fondamentale du nihilisme moderne, incapable de nier le sens tout en maintenant des exigences morales. S'appuyant sur Dostoïevski, Kierkegaard, Jaspers, Sartre et Pascal, il articule trois niveaux de rapport à la vie — éthique, moral et métaphysique — pour montrer que toute morale authentique présuppose un fondement religieux. Appliquant cette réflexion à la bioéthique, Vergely propose une voie de prudence entre fatalisme et vertige techniciste, structurée autour de trois principes : vouloir le meilleur, éviter que ce désir ne produise le pire, et ne pas confondre l'évitement du pire avec l'atteinte du meilleur. L'apport théologique réside dans l'ancrage christologique de cette éthique incarnée.
Qu'on le veuille ou non, il y a (et il ne faut pas se le cacher) une contradiction dans l'attitude contemporaine qui se veut nihiliste sur le plan théorique et morale sur le plan pratique, car on ne peut pas dire que la vie n'a aucun sens et tout faire pour la sauver. Bergson et avant lui Dostoïevski ont eu raison de le faire remarquer : quand on dit la vie n'a aucun sens, il faut avoir le courage d'aller jusqu'au bout. Il faut pouvoir vivre en n'étant relié à rien, dans un nihilisme absolu vis-à-vis de l'existence et un égoïsme absolu vis-à-vis d'autrui, en se moquant de tout, aussi bien de sa vie propre que de la vie tout court. Force est de le constater, un tel athéisme n'a jamais existé, car il est fondamentalement contradictoire.