Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément propose une réflexion théologique sur la beauté dans la tradition du christianisme oriental. Sous la forme d'une méditation doctrinale nourrie de sources patristiques, l'auteur développe l'idée que la beauté constitue un véritable nom divin, enraciné dans la communion trinitaire et rayonnant sur l'ensemble de la création. S'appuyant sur Denys l'Aréopagite, Maxime le Confesseur, Irénée de Lyon et Grégoire Palamas, ainsi que sur des penseurs russes comme Berdiaev et Dostoïevski, Clément montre que la beauté n'est pas une catégorie esthétique isolée, mais l'expression de la gloire divine traversant le cosmos, l'histoire et la personne humaine. L'Incarnation et la Transfiguration du Christ constituent le moment décisif où la beauté, rendue ambiguë par la chute, est restaurée dans sa vérité ontologique, ouvrant la voie à une théologie de l'icône comme lieu de révélation de la beauté eschatologique.
Dans la tradition du christianisme oriental, le Dieu inaccessible transcende sa propre transcendance pour se donner, s'incarner, se rendre participable, et il a ainsi beaucoup de noms que résume celui de Jésus. Or l'un des noms les plus aimés dans cette tradition est celui de la beauté. La beauté est un nom divin. Denys l'Aréopagite, dans son Traité des noms divins, célèbre la beauté « qui produit toute communion ». Dieu est en lui-même plénitude de la beauté, beauté de la beauté pourrait-on dire, dans un sens inséparablement ontologique et personnel : en lui, en effet, l'être jaillit de la profondeur de l'amour, don réciproque des Personnes qui se donnent l'unité. L'icône célèbre de la Trinité d'André Roublev symbolise cet « immobile mouvement d'amour ». C'est la beauté qui produit toute communion puisqu'elle naît elle-même de la communion. …
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