Quelques notes sur la spiritualité du starets Silouane

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément propose une étude analytique de la spiritualité du starets Silouane (1866-1938), moine athonite dont les écrits ont été publiés par l'archimandrite Sophrony. S'appuyant directement sur ces textes, Clément en dégage les axes fondamentaux : la relation dramatique de l'homme à Dieu, marquée par l'alternance de présence et de délaissement ; la centralité de l'humilité, résumée dans la formule « garde ton esprit en enfer et ne désespère pas » ; et l'amour universel, incluant les ennemis, les pécheurs et jusqu'aux démons. L'article montre que la descente du Christ aux enfers fonde une espérance sans limites, distincte de toute apocatastase systématique. Il souligne également la dimension pneumatologique et œcuménique de la pensée de Silouane, ainsi que sa portée prophétique pour la modernité, en dialogue implicite avec Nietzsche, Dostoïevski et la tradition philocalique.

I – Le starets Silouane ne parle que de Dieu et de la relation, souvent dramatique, de l'homme avec Dieu. Il tient pour inutile, voire dangereux, de lire journaux et livres profanes. Cela ne peut qu'égarer l'âme à la surface de l'histoire. Dieu suffit pour révéler à l'âme qui prie les problèmes et les souffrances des hommes. La véritable histoire engage le ciel et la terre, la vision doit être verticale et non horizontale.Dieu, Silouane ne spécule pas sur lui, son langage est celui, vibrant, du Cantique des Cantiques et de saint Jean. Dieu est « la plénitude de la vie » (259), « amour infini, amour impossible à décrire » (406), seule mais suffisante allusion à la théologie négative. Il nous aime, « comme une mère et plus qu'une mère » …

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