Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article examine les liens philosophiques et littéraires entre l'œuvre romanesque de Fiodor Dostoïevski et la pensée éthique d'Emmanuel Lévinas. Prenant appui sur l'étude de Jacques Rolland, Alain Durel conduit une analyse comparative rigoureuse qui met en évidence la manière dont la polyphonie romanesque dostoïevskienne préfigure et nourrit la philosophie lévinassienne de l'altérité. L'idée centrale est que le roman dostoïevskien constitue une phénoménologie narrative de la relation éthique : la rencontre avec Autrui, figurée par le Pauvre et le Faible, arrache le Moi à son identité close et ouvre la dimension de la responsabilité, de la culpabilité originaire et de la substitution. L'apport de l'article est de montrer que cette convergence s'enracine dans une tradition monothéiste commune, judéo-chrétienne, où la transcendance divine ne se manifeste qu'à travers la trace laissée dans la relation interhumaine.
L'œuvre de Dostoïevski constitue sans conteste l'une des sources d'inspiration d'E. Lévinas. Le présent travail vise à préciser le sens et la teneur de cette inspiration. Nous nous appuierons, à cette fin, sur l'étude de Jacques Rolland : Dostoïevski et la question de l'Autre.« Affirmer le moi de l'autre non comme un objet mais comme un sujet, écrit Bakhtine, tel est le principe qui régit l'univers intellectuel de Dostoïevski ». Polyphonie romanesque, l'œuvre de Dostoïevski prend l'aspect d'un grand dialogue. « Dans le dialogue, écrit Lévinas, à la fois se creuse une distance absolue entre le Je et le Tu [...] et ensuite c'est là aussi que se déploie [...] la relation extraordinaire et immédiate du dialogue qui transcende cette distance sans la supprimer... ». …
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