Théologie du silence et prière liturgique

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Boris Bobrinskoy propose une méditation théologique sur la relation entre silence et parole dans la tradition orthodoxe. Prenant appui sur des figures patristiques majeures — Ignace d'Antioche, Irénée de Lyon, Isaac le Syrien, Maxime le Confesseur et Éphrem le Syrien —, l'auteur développe une réflexion structurée en trois temps : le fondement trinitaire du silence, son accomplissement dans le mystère du Christ, et son expression dans la prière liturgique de l'Église. L'idée centrale est que la Parole divine jaillit du silence du Père, y demeure pleine et y reconduit, selon un mouvement que le Christ récapitule en sa personne. L'apport théologique de l'article réside dans l'articulation entre apophatisme et cataphatisme, entre prière liturgique commune et prière intérieure hésychaste, montrant que tout langage ecclésial tend vers le silence de la communion trinitaire.

C'est dans le mystère trinitaire que trouve son fondement premier et ultime la théologie du silence, dans sa relation privilégiée au langage liturgique. J'aimerais rappeler ici les paroles de deux grands pasteurs, spirituels et théologiens de l'Église primitive. Le premier, saint Ignace d'Antioche parle du « Verbe sorti du Silence du Père » Le second, saint Irénée de Lyon dit que « le Père est l'invisible du Fils et le Fils est le visible du Père ».Avant même que le monde fût, Dieu parle, du sein même de son silence, dans l'éternel présent de la communion trinitaire, dans la génération éternelle du Fils Unique et Verbe de Dieu sur Lequel repose en plénitude l'Esprit Saint qui procède Lui aussi du Père. À la Parole éternelle du Père « Tu es mon Fils, aujourd'hui Je T'ai engendré » le Fils répond par la seule « Parole » …

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