L'Église autocéphale de Grèce

Son évolution historique de 1833 à sa situation actuelle
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article retrace l'histoire de l'autocéphalie de l'Église de Grèce, depuis ses prémices intellectuelles au début du XIXe siècle jusqu'à la configuration canonique contemporaine. Adoptant une approche historique et juridique, l'auteur montre comment la proclamation unilatérale de l'autocéphalie en 1833, imposée par la Régence bavaroise, a soumis l'Église à une tutelle étatique absolue, qualifiée de « captivité babylonienne ». Il analyse ensuite la reconnaissance canonique accordée par le Tome patriarcal et synodal de 1850, qui mit fin à dix-sept ans d'isolement ecclésial. L'article examine également l'extension progressive du ressort territorial de l'Église autocéphale au fil des élargissements frontaliers de l'État grec, ainsi que les arrangements canoniques particuliers régissant les Nouveaux Territoires, la Crète, le Dodécanèse et le Mont Athos. L'apport principal réside dans la mise en lumière de la coexistence actuelle de cinq statuts canoniques distincts au sein de l'Église en Grèce.

Si l'on en croit le poète grec Stratis Myrivilis, selon lequel « si nous existons aujourd'hui en tant que nation hellénique, c'est grâce aux ornements sacrés de notre Église portés durant les longues années de l'esclavage... », l'histoire de l'Église orthodoxe de Grèce est corrélative à l'histoire du pays. Au moment de son émergence historique, l'État néo-hellénique se différencia de l'Église selon des modes qui jusqu'alors étaient étrangers à celle-ci. L'Église ne fut alors pas envisagée comme « l'ensemble du peuple croyant », mais comme une institution publique et spirituelle au service des besoins religieux du peuple. Ces considérations conduisirent l'État à soumettre progressivement à son autorité temporelle l'organisation et l'administration ecclésiastiques. Ce fait aboutira à la déclaration arbitraire et unilatérale de l'autocéphalie de l'Église en Grèce (1833) et à sa soumission complète à l'État. La « captivité babylonienne » …

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