Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père André Borrély propose une méditation théologique approfondie sur la *métanoia*, terme grec désignant le repentir, envisagé comme démarche de renaissance spirituelle. L'auteur part d'une analyse étymologique opposant *métanoia* et *paranoïa* pour montrer que le repentir authentique constitue un renversement radical de l'ego, à distinguer soigneusement du remords et du regret. L'idée centrale est que la *métanoia* dépasse la dimension morale individuelle : elle est à la fois acte de liberté humaine et don divin inexigible, condition d'un changement ontologique de la personne. L'article développe ensuite le rôle indispensable de l'humilité, la dimension ecclésiale et sacramentelle de la confession, la nécessité de l'épiclèse, ainsi que la portée universelle du repentir comme intercession pour autrui. L'apport théologique réside dans l'articulation entre anthropologie patristique, ecclésiologie orthodoxe et expérience spirituelle concrète, à partir des Pères Jean Climaque, Isaac le Syrien et Jean Damascène.
En français, les mots repentir et folie ne constituent en aucune manière un couple étymologique. Il en va différemment en grec. En effet, dans cette langue, le repentir se dit métanoia, et le trouble de la raison s'exprime par un substantif que la psychiatrie moderne a reproduit sans même le traduire, pour désigner le délire systématisé et progressif : paranoia. La métanoia, c'est le fait de changer de sentiments, donc le repentir, le regret. Étymologiquement, le verbe correspondant μετανοέω désigne l'acte de penser (νοέω) après (μετά), de réfléchir ensuite, donc de changer d'avis, de se raviser, de revenir à de meilleurs sentiments et par suite de regretter ses actions passées, de se repentir, de venir à résipiscence. Se repentir après une faute, c'est changer nécessairement de conduite, d'attitude. Il faut éviter de traduire métanoia par conversion, parce que, pour dire conversion, le grec a un autre mot : ἐπιστροφή.