L'homme aujourd'hui

mort de l'homme ou nouveauté ?
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article est la transcription révisée d'une conférence plénière prononcée par le philosophe Bertrand Vergely dans le cadre d'un congrès de théologie orthodoxe. L'auteur y propose une méditation philosophique et anthropologique sur la condition humaine contemporaine. Sa thèse centrale est que la crise actuelle — marquée par la fin des références à Dieu comme à l'homme — résulte d'une dynamique dévorante entre idoles et individus, entre religions politiques et nihilisme. Face à cette impasse, Vergely défend une anthropologie fondée sur la foi, le mystère et la personne, articulée autour de la notion de royauté de l'être humain. L'apport théologique de l'article réside dans sa relecture orthodoxe de la théanthropie : en convoquant les Pères, Descartes et l'Écriture, l'auteur montre que la rencontre entre le « Je suis » divin et le « je suis » humain constitue le fondement d'une anthropologie chrétienne capable de répondre aux questions de la création, du mal et du sens de la vie.

L'homme est un être étrange. C'est un être étrange parce que c'est un être dévorant. Ceci éclaire la situation culturelle et métaphysique qui est la nôtre. Depuis longtemps déjà, les hommes ont un conflit avec leurs dieux. Les hommes ont tendance à fabriquer des dieux dévorants. De ce fait les dieux dévorent les hommes. Et pour se sauver, les hommes dévorent les dieux. L'histoire est une vaste histoire de « théophagie » et d'anthropophagie au bout de laquelle les hommes se dévorent eux-mêmes tragiquement.

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