La Prière du Nom de Jésus

source de stabilité spirituelle
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article est une méditation du métropolite Antoine Bloom, figure majeure de la spiritualité orthodoxe du XXe siècle, consacrée à la Prière de Jésus — « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur » — et à la stabilité intérieure qu'elle procure. Prenant appui sur l'expérience des moines orthodoxes russes contraints à l'exil après la Révolution de 1917, l'auteur montre comment cette prière, née d'une dépossession totale, a constitué une forme de vie monastique intérieure indépendante de toute institution. L'article développe une analyse théologique de chaque terme de la prière, en dégageant sa dimension trinitaire, christologique et anthropologique, et en explorant la signification du mot grec *éléos*. Il propose également une relecture des vœux monastiques — stabilité, chasteté, pauvreté, obéissance — à la lumière de cette expérience spirituelle radicale.

Je voudrais évoquer tout ensemble la vie religieuse et la prière parce que non seulement elles sont inséparables l'une de l'autre de par la forme de vie que nous menons, mais parce qu'elles coïncident, parce qu'elles sont inséparables dans leur intériorité.

Je dois expliquer tout d'abord brièvement la situation où je me trouve par rapport à la vie religieuse. Il doit sembler étrange qu'un homme qui depuis trente ans court les routes, qui appartient peut-être à cette race maudite par saint Benoît qu'on appelait les « gyrovagues », puisse prétendre au nom de moine.

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