Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Michel Evdokimov, issu d'une communication prononcée lors d'un colloque de Syndesmos en 2006, examine les défis que la sécularisation pose à l'Église orthodoxe dans les sociétés occidentales contemporaines. Relevant d'une réflexion théologique et culturelle, il procède en deux temps : un état des lieux lucide de la civilisation occidentale post-chrétienne, puis une recherche de réponses chrétiennes adaptées. L'auteur analyse la « sortie de religion » décrite par Marcel Gauchet, les trois révolutions — informatique, génétique et politique — qui reconfigurent l'humanité, ainsi que la montée du scientisme comme messianisme de substitution. Face à ces mutations, Evdokimov défend une attitude prophétique non conflictuelle : préserver la dignité de la personne humaine, promouvoir le sens communautaire et témoigner de la beauté de la foi. L'apport théologique réside dans la relecture orthodoxe de la modernité à partir des notions de kénose, de résurrection et de communion trinitaire.
Pour tenter de circonscrire la place de l’Église dans un monde occidental sécularisé, post-chrétien, il faut d’abord dresser l’état des lieux de la civilisation actuelle et apprécier le statut qu’elle réserve à l’homme. Plutôt que de « sécularisation », Marcel Gauchet, dans Le désenchantement du monde, préfère parler de « sortie de religion » pour dépouiller de la sécularisation les connotations religieuses qui y adhèrent encore. Nous aurons ensuite à nous interroger sur l’apport de l’Église à cette civilisation car, si sortie de la religion il y a, viendra peut-être un jour où il faudra, sans doute, en vertu de l’alternance de ces mouvements de civilisation où se tisse la trame de l’histoire de l’humanité, trouver une porte de sortie de la sécularisation telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui.
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