Théocratie ou Césaropapisme ?

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du canoniste et théologien Sergey Troitsky, professeur à l'Université de Belgrade, examine la question des rapports entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir politique dans la tradition orthodoxe. Procédant par une étude rigoureuse des sources canoniques, scripturaires et patristiques, l'auteur réfute la thèse selon laquelle l'ingérence des empereurs byzantins dans les affaires de l'Église constituerait une norme de droit divin. Il démontre que ni l'Écriture Sainte, ni les canons, ni les Pères de l'Église ne fondent le césaropapisme, et que la notion d'« épistémonarque » impérial est d'origine païenne. L'apport principal de l'article est de distinguer clairement fait historique et norme canonique, établissant ainsi que la théocratie et le césaropapisme relèvent de deux logiques incompatibles avec l'ecclésiologie orthodoxe.

Le problème de l'attitude de l'Eglise à l'égard du pouvoir politique ne peut être considéré comme un problème purement canonique ni secondaire parce qu'il est indissolublement lié à l'enseignement dogmatique sur l'Eglise. Cependant même chez les théologiens, on constate, en ce qui le concerne, pas mal d'obscurités et de contradictions qu'il est bon d'amener à la conscience pour éclaircir les unes et résoudre les autres, tout esprit de polémique étant écarté. Son importance pratique est évidente : il suffit de mentionner les graves conflits avec le pouvoir politique qui ont éprouvé l'Eglise Orthodoxe au cours de toute son histoire et en particulier celle de Byzance.

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