Juridiction pastorale des monastères

quelques cas exceptionnels
Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du canoniste grec Hamilcar Alivisatos, professeur à l'Université d'Athènes, examine la question de la juridiction pastorale exercée par certains monastères orthodoxes sur des territoires et des fidèles, en dehors du cadre épiscopal ordinaire. S'appuyant sur une approche juridico-canonique, l'auteur distingue les différents régimes monastiques — soumission épiscopale, stavropigion, exemption totale — et identifie trois cas exceptionnels dans l'Église orthodoxe grecque : le monastère des Saints-Constantin-et-Hélène à Jérusalem, le monastère de l'apôtre Jean à Patmos et le monastère Sainte-Catherine au Sinaï. L'article montre que ces établissements ont reçu, par privilèges impériaux byzantins, des droits de juridiction pastorale dérogeant au droit canonique commun. Son apport réside dans la mise en lumière de situations canoniques historiquement constituées, tolérées par l'Église et maintenues jusqu'au XXe siècle en dehors de tout fondement strictement canonique.

D'après le Droit Canon de l'Eglise Grecque Orthodoxe, les monastères sont soumis à la juridiction de l'évêque du diocèse dans le domaine duquel ils se trouvent. Cette juridiction consiste dans le contrôle exercé sur la vie spirituelle du monastère en général, sur son état financier et sur son fonctionnement administratif. A ce dernier chapitre se rattachent la nomination de l'abbé et l'élection des frères laïcs comme candidats au sacerdoce.

De cette juridiction épiscopale sont exempts, comme on le sait, les monastères dits stavropigiaques, qui sont soumis soit au Synode de l'Eglise autocéphale du pays où ils se trouvent, soit même au Patriarche Oecuménique. Celui-ci exerce d'ordinaire sa juridiction par l'intermédiaire d'un délégué (exarque), l'évêque du pays ne se mêlant pas à l'administration du monastère, ne le visitant pas, ne conférant les ordres à ses moines que sur l'invitation de son higoumène.

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