Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Jean Roberti examine la question de l'origine et de l'identité des images du Christ dites « non faites de main d'homme » dans la tradition chrétienne. Relevant de l'histoire de l'iconographie et de la patristique, l'étude mobilise une documentation étendue — sources liturgiques, paraliturgiques et textes-sources grecs et syriaques — pour retracer l'histoire complexe du mandylion d'Édesse et de l'icône de Camouliana. L'idée principale est que la tradition orthodoxe, souvent absente des débats occidentaux sur le suaire de Turin, a privilégié le mandylion comme image fondatrice, occultant le rôle historiquement plus déterminant de la Camouliana dans la constitution du portrait canonique du Christ. L'apport de l'article est de montrer, à partir d'une analyse critique des textes, que l'image de Camouliana constitue le modèle probable des icônes acheiropoïètes, et que la question des origines de l'iconographie christique demeure historiquement irrésolue.
L'image ou icône non faite à la main, appelée aussi acheiropoïète ou achiropiète, mandylion, sainte Face, voile d'Abgar ou de Véronique, occupe dans l'histoire de l'iconographie du Christ une place à part. À part, elle l'est tout d'abord par la multiplicité de ces appellations qui ont trait successivement à son type de représentation (image et/ou icône), à des dénominations incompréhensibles (image acheiropoïète ou achiropiète, mandylion), à son contenu, à son destinataire ou à sa propriétaire. À part, elle l'est aussi par la personne de son auteur présumé : Jésus lui-même, par la date supposée de sa « composition » : deux jours avant la Passion, par son moyen de production : l'empreinte d'un visage mouillé, par son support : un simple essuie-mains, et enfin par sa fonction uniquement thérapeutique. …