Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article d'Olivier Clément est une nouvelle autobiographique publiée initialement en décembre 1997 dans la revue *France Catholique*. Il relate un épisode vécu par l'auteur durant la Seconde Guerre mondiale, alors jeune professeur engagé dans la Résistance française. La nuit de Noël, chargé de saboter une locomotive destinée au front italien, Clément est surpris par un soldat allemand qui, au lieu de l'arrêter, l'aide à poser le dispositif explosif avant de repartir en fredonnant un chant de Noël. Le liminaire souligne que cet acte de liberté personnelle inattendu lui a probablement sauvé la vie. Sur le plan théologique, le récit illustre la convergence entre liberté humaine et Providence divine : c'est précisément cette nuit, jusqu'alors dépourvue de sens religieux pour Clément, qui devient pour lui la première véritable expérience de Noël, inaugurant ainsi un chemin spirituel ultérieur.
Le jeune, très jeune professeur sortit tard du lycée. C'était la nuit, une nuit très noire : en ces temps de guerre, des économies s'imposaient, la rue n'était pas éclairée. Il faisait froid, très froid, comme il ne fait presque jamais pour Noël dans un pays méditerranéen. Pourquoi, se demanda-t-il, la nature amplifie-t-elle les tragédies de l'histoire ? Il pensa aux milliers d'hommes qui mouraient en Russie au même moment.C'avait été le dernier cours de l'année. Des gamins de dix ou onze ans, dans une salle mal chauffée, mal éclairée. Qu'elle fût mal éclairée lui avait d'ailleurs valu, quelques semaines auparavant, son premier triomphe pédagogique. Tournant sur lui-même – « je suis la terre » – il avait décrit un cercle autour de l'unique ampoule – « le soleil » – pendue par un fil au plafond. D'où le jour, la nuit, les saisons. …
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