Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article du père Michel Evdokimov prend pour point de départ le séisme dévastateur de 2010 en Haïti pour aborder la question théologique du mal et de la souffrance des innocents. Relevant d'une méditation théologique à caractère pastoral, le texte confronte l'événement à la tradition chrétienne en mobilisant les figures de Job, de Dostoïevski et de plusieurs Pères de l'Église. L'idée centrale est que la souffrance ne saurait s'expliquer rationnellement ni être interprétée comme un châtiment divin : elle s'inscrit dans le mystère d'iniquité, conséquence de la liberté humaine voulue par Dieu. L'apport théologique réside dans l'articulation entre kénose divine, solidarité cosmique et appel à la conversion, soulignant que Dieu, loin d'être indifférent, partage la douleur de ses créatures et que l'amour seul peut vaincre la souffrance.
Des cataclysmes en tous genres ne cessent de s'abattre sur la terre : séismes, éruptions volcaniques, raz-de-marée, tsunami. Aujourd'hui l'île d'Haïti – pauvre d'entre les pauvres – est frappée de plein fouet. Les images d'un monde disloqué, de regards hagards qui ont côtoyé l'horreur, défilent sur nos écrans de télévision.
Se pose alors l'éternelle question : pourquoi ? Pourquoi cet amas de douleur, pourquoi des innocents condamnés à périr, pourquoi Dieu laisse-t-il ainsi se déchaîner le mal ? À cette question il ne saurait y avoir d'explication rationnellement satisfaisante. « Si vous voyez quelqu'un qui prétend expliquer l'origine du mal, disait François Mauriac, envoyez-le-moi, que je l'étrangle. »