Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Michel Evdokimov explore la relation entre les saints chrétiens et les animaux sauvages, à travers une étude théologique et spirituelle fondée sur les Écritures et la tradition patristique. Prenant appui sur des figures emblématiques telles que François d'Assise et Séraphin de Sarov, l'auteur examine comment la coexistence pacifique avec les bêtes féroces témoigne d'un retour à l'état adamique originel, rendu possible par la purification intérieure et l'ascèse. L'article montre que la « sauvagerie » animale est une conséquence de la chute, et que sa domestication par les saints préfigure la restauration eschatologique annoncée par Isaïe. Sur le plan théologique, l'étude articule anthropologie, sotériologie et cosmologie en proposant que l'apprivoisement des forces sauvages — animales comme intérieures — constitue le fruit de la sainteté, dont l'amour demeure l'unique instrument efficace.
Au sixième jour de la création, Dieu enjoint à l'homme de « soumettre les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur terre » (Gn 1,28). Soumettre, ici, suppose vivre en bonne intelligence avec tous les animaux, les rendre dociles à la voix de leur maître qui doit les nommer, entretenir avec eux de paisibles relations. Dans le jardin d'Éden il n'y a point d'animaux féroces, de bêtes de proie, de carnassiers. Ceux-ci feront leur apparition seulement après la chute, lorsque la création sera, selon saint Paul, « livrée au pouvoir du néant » (Rm 8,20). Dans le ruissellement des eaux du déluge, Dieu se préoccupe de la survie des animaux qui prennent place dans l'arche de Noé. …