II. L'Église dans la sphère publique

Présentation de l'article établie par la revue Contacts
Cet article examine la position de l'Église orthodoxe dans la sphère publique et politique. Relevant d'un document doctrinal de nature théologique et ecclésiologique, il aborde la relation entre l'Église, les régimes politiques et la société civile. L'idée centrale est que l'Église, dont la demeure véritable est l'Eucharistie, ne peut s'identifier à aucun ordre politique particulier, tout en étant appelée à y témoigner du Royaume de Dieu. L'article condamne explicitement le phylétisme, le nationalisme et le racisme comme incompatibles avec l'Évangile, et défend la valeur des institutions démocratiques, du pluralisme culturel et du langage des droits de l'Homme. Sur le plan théologique et historique, il réinterprète le principe byzantin de la « symphonie » pour en faire un cadre de coopération en vue du bien commun, distinct de toute confusion entre pouvoir ecclésial et pouvoir politique.

8. L'espérance chrétienne réside dans le Royaume de Dieu et non dans les royaumes de ce monde. L'Église « ne met pas sa foi dans les princes, des fils d'hommes impuissants à sauver » (Ps 145,3), mais plutôt dans le Fils de Dieu qui est entré dans l'Histoire pour libérer ses créatures de toutes les pratiques et structures du péché, d'oppression et de violence qui corrompent notre monde déchu. Au cours de l'histoire chrétienne, les chrétiens ont vécu sous diverses formes de gouvernement – empires, régimes totalitaires, démocraties libérales, nations avec des gouvernements chrétiens, nations avec d'autres religions établies, États laïques. Certains se sont révélés amicaux envers l'Église institutionnelle, certains hostiles et d'autres indifférents. …

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