Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article est la transcription d'une conférence présentée par le théologien réformé Jean-Jacques von Allmen à l'Académie théologique de Sofia en 1964. L'auteur y expose, à titre personnel mais avec le souci de représenter sa tradition, ce que les Églises réformées peuvent légitimement attendre des Églises orthodoxes dans le cadre du dialogue œcuménique. Rejetant la simplification qui oppose schématiquement « catholicisme » et « protestantisme », von Allmen identifie cinq domaines où l'apport orthodoxe serait décisif : la mariologie, la théologie de l'icône, le témoignage non verbal de l'Église, l'eschatologie sacramentelle et la question du *Filioque*. Il formule en outre deux attentes spécifiques : que les Églises orthodoxes aident les Églises réformées à retrouver une conscience vive de leur ecclésialité, et qu'elles contribuent à rééquilibrer le dialogue œcuménique occidental en invitant Rome à reconsidérer la légitimité ecclésiale des Églises issues de la Réforme.
On parle volontiers de terribles simplifications. Elles sont inquiétantes parce que, sous prétexte de clarifier les données d'un problème, elles menacent de le fausser. Dans le monde œcuménique aussi il y a de telles simplifications terribles. L'une d'elles, la plus tenace peut-être, veut partager l'Église en deux types: le type des Églises dites « catholiques » et le type des Églises dites « protestantes ». Dans le premier type, on jette pêle-mêle l'Église romaine, les Églises orthodoxes, les Églises monophysites, l'Église vieille-catholique; dans le second type, on jette pêle-mêle aussi les Églises luthérienne, réformée, méthodiste, baptiste, congrégationaliste, pentecôtiste, souvent aussi les Églises de la communion anglicane quand on ne les attribue pas au premier groupe ou quand on ne leur réserve pas un troisième type, à mi-chemin des deux premiers. …