Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de l'archimandrite Pierre L'Huillier, rédigé en 1964 dans le contexte de la troisième conférence pan-orthodoxe de Rhodes et du concile Vatican II, examine la position de l'Église orthodoxe face au mouvement œcuménique contemporain. Relevant d'une réflexion théologique engagée, il identifie deux écueils symétriques à éviter : l'immobilisme, qui réduit l'œcuménisme à une coexistence pacifique sans visée d'unité doctrinale, et la fuite en avant, illustrée par les partisans d'une intercommunion prématurée avec Rome. L'auteur défend une participation orthodoxe active, compétente et coordonnée au Conseil Œcuménique, tout en réaffirmant l'intangibilité de l'ecclésiologie et de la théologie sacramentaire orthodoxes. L'apport de l'article réside dans sa formulation claire des conditions d'un œcuménisme orthodoxe crédible, distinct du relativisme dogmatique libéral, et dans son analyse du rôle spécifique que l'Orthodoxie peut jouer dans le dialogue entre protestantisme et catholicisme romain.
Quelle que soit l'attitude observée à l'intérieur des grandes confessions chrétiennes à l'égard de l'œcuménisme, on ne saurait nier que celui-ci est devenu une réalité dont il est impossible de ne pas tenir compte. Non seulement le climat des relations inter-confessionnelles a changé, mais encore à l'intérieur de chaque confession, l'œcuménisme fait sentir ses effets en ce sens que l'on y a cessé de penser et d'agir comme si chacune constituait un univers absolument clos. Je ne veux pas dire par là que l'on agit toujours en fonction d'une perspective œcuménique, mais il est incontestable que l'on tient compte bien plus qu'auparavant des réactions au-delà des limites de chaque confession. Cela est, par exemple, très sensible, dans l'Eglise catholique-romaine, à l'actuel concile du Vatican. …