L'oreille de Malchus

Présentation de l'article proposée par la revue Contacts avec assistance LLM
Cet article de Christos Yannaras propose une mĂ©ditation thĂ©ologique Ă  partir d'un Ă©pisode Ă©vangĂ©lique prĂ©cis : le geste de Pierre tranchant l'oreille de Malchus lors de l'arrestation de JĂ©sus Ă  GethsĂ©mani. L'approche est celle d'une rĂ©flexion spirituelle et ecclĂ©siologique, articulĂ©e autour d'une image rĂ©currente qui structure l'ensemble du texte. L'idĂ©e centrale est que le geste de Pierre — tenter de sauver le Christ par des moyens humains — illustre une incomprĂ©hension fondamentale du mystĂšre pascal : la mort comme condition de la rĂ©surrection. Yannaras Ă©tend cette figure Ă  l'histoire de l'Église et Ă  la vie personnelle, dĂ©nonçant toute forme d'apologĂ©tique, de lĂ©galisme ou d'activisme ecclĂ©sial qui prĂ©tendrait contourner la logique de la Croix. L'apport thĂ©ologique rĂ©side dans une relecture de la faiblesse ecclĂ©siale comme lieu de la puissance divine, appuyĂ©e sur Isaac le Syrien et Photius.

Dans le jardin de GethsĂ©mani, face Ă  la cohorte qui vient arrĂȘter JĂ©sus, Pierre oppose sa rĂ©sistance : « Ayant une Ă©pĂ©e il la tira, frappa un serviteur du souverain sacrificateur et lui coupa l'oreille droite ». Jean nous a transmis le nom de ce serviteur : « il se nommait Malchus ».

Pierre tente d'empĂȘcher la mort du MaĂźtre par un geste opportun et concret bien qu'utopique. C'est la rĂ©action spontanĂ©e de l'homme qui essaie d'Ă©viter la menace de la mort en effaçant la menace sans effacer la mort. Geste comprĂ©hensible et familier pour le sens commun, pour l'ignorance commune des limites entre la vie et la mort. Le geste de Pierre, seul face Ă  la cohorte des injustes, reste suspendu, tendrement utopique, comiquement inefficace. Seul rĂ©sultat : l'oreille coupĂ©e d'un certain serviteur, « l'oreille de Malchus ».

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